Évaluation cognitive : bilan neuropsychologique et remédiation

A qui s’adresse un bilan neuropsychologique ?

Un bilan neuropsychologique s’adresse à toute personne qui s’interroge sur son fonctionnement cognitif, intellectuel ou cérébral (mémoire, langage, attention…).

Il est plus particulièrement indiqué chez des personnes qui ressentent par exemple des difficultés à mémoriser, à se souvenir, à trouver leurs mots, à se repérer dans l’espace et dans le temps, à rester concentré.

Dans le cadre du vieillissement, le bilan neuropsychologique est un outil précieux car il permet, dès 55 ans, de différencier des difficultés dites « non pathologiques » (liées au vieillissement normal du cerveau) de troubles cognitifs légers qui surviennent à un stade précoce de certains types de démence (par exemple : la démence de type Alzheimer, les démences vasculaires, les démences mixtes, la démence fronto-temporale, etc.).

Chez l’adulte jeune, la demande du bilan est généralement plus précise (souffrir, par exemple, de troubles de l’attention) et le choix des tests neuropsychologiques est adapté à l’âge de la personne.

Les troubles cognitifs chez l’adulte jeune

Un bilan neuropsychologique s’adresse à toute personne qui s’interroge sur son fonctionnement cognitif, intellectuel ou cérébral (mémoire, langage, attention…).

Dans le cas ou la personne souffre d’une pathologie avérée, la personne est généralement amené à consulter le neuropsychologue dans le but de préciser la nature d’éventuels troubles cognitifs. Ces troubles peuvent résulter de traumatismes crâniens, d’accidents vasculaires cérébraux, de tumeurs ou d’hématomes cérébraux. Ils peuvent aussi se manifester dans le cadre d’une maladie du système nerveux central (par ex. la sclérose en plaque), d’une maladie infectieuse (par ex. le Sida) ou métabolique (par ex. le diabète).

Le bilan aura alors pour but d’objectiver les plaintes de la personne et de préciser la nature et l’intensité des déficits. Une rééducation appropriée pourra alors être mise en place. Consultez la rubrique Prise en charge des troubles neuropsychologiques.

Certains troubles cognitifs peuvent également être liés à des troubles d’ordre psychologiques ou psychiatriques.

Un suivi psychologique ponctuel peut également être proposé pour accompagner la personne à l’annonce d’un diagnostic. Une prise en charge psychothérapeutique régulière est parfois nécessaire. Cliquez ici.

Vieillissement et pathologies neuro-dégénératives : le bilan neuropsychologique comme outil de dépistage précoce

Les premiers signes visibles d’apparition des démences neuro-dégénératives sont des signes cliniques de type cognitif. Les premiers à apparaitre sont les troubles de la mémoire et les troubles du langage, c’est pourquoi ils ne doivent pas être négligés. Il n’est pas aisé de différencier des difficultés cognitives liées au vieillissement normal de celles qui traduisent les tout premiers signes de la maladie, c’est pourquoi le bilan neuropsychologique est particulièrement indiqué dans cette situation. Le stade intermédiaire entre le vieillissement normal et le vieillissement pathologique (stade de déficits cognitifs légers ou MCI, Mild Cognitive Impairment) est aisément détecté par l’évaluation des capacités cognitives.

Dans le cas de pathologie neuro-dégénérative, le diagnostic doit être fait le plus rapidement possible pour permettre au patient de bénéficier de traitements et de rééducation qui retarderont l’évolution de la maladie.

Un suivi psychologique ponctuel peut également être proposé pour accompagner la personne et/ou ses proches à l’annonce d’un diagnostic. Une prise en charge psychothérapeutique régulière est parfois nécessaire. Cliquez ici.

Qu’est-ce qu’un bilan neuropsychologique ?

Le neuropsychologue : le bilan neuropsychologique est effectué par un Psychologue spécialisé en Neuropsychologie. La formation se fait à l’université et s’étend sur 5 années. A l’issue de ses études, le neuropsychologue est officiellement habilité à mener des bilans, à analyser les résultats, à repérer d’éventuels troubles cognitifs et cérébraux et à assurer leurs prise en charge avec d’autres professionnels. Dans le cadre de sa prise de fonction, il signe le Code de déontologie et est par conséquent soumis au secret professionnel.

Les fonctions cognitives : le bilan a pour but d’étudier le fonctionnement cognitif. La cognition est l’ensemble des capacités intellectuelles et cérébrales d’une personne qui lui permettent de raisonner, de mémoriser des informations puis de s’en souvenir, de se repérer dans le temps et dans l’espace, d’effectuer une action ou un geste… Ces capacités sont assurées par différentes parties du cerveau. Le bon fonctionnement de ces zones cérébrales est donc testé de façon indirecte par le bilan.

Les tests neuropsychologiques : les fonctions cognitives sont évaluées à l’aide de tests neuropsychologiques. Ces outils sont développés par des professionnels (chercheurs universitaires et ingénieurs techniciens) et sont distribués par des maisons d’édition spécialisées. Ils sont donc standardisés, normés et validés, ce qui permet au neuropsychologue de comparer les résultats de la personne avec une population de référence (même âge, même sexe…). Il s’agit de tests papier-crayon et de manipulation de matériel (cubes, images, etc.).

Les objectifs du bilan neuropsychologique

Le bilan neuropsychologique a plusieurs objectifs :

Prévention : il a d’abord un rôle de prévention, c’est-à-dire qu’il permet d’écarter ou d’identifier des pathologies neuro-dégénératives, comme par exemple la maladie d’Alzheimer, à un stade précoce.

Identification des troubles ou difficultés : le bilan permet une analyse fine et approfondie des troubles cognitifs. Il identifie les éventuelles difficultés de la personne de façon précise et détaillée pour permettre une meilleure prise en charge et rééducation.

Orientation vers des professionnels qualifiés : l’intérêt du bilan est aussi de permettre au neuropsychologue d’orienter la personne vers les professionnels ou les institutions capables de prendre en charge ses troubles, comme un neurologue, un orthophoniste, un centre mémoire…

Faire le point : dans le cas où aucun trouble n’est identifié, le bilan aura pour fonction de permettre à la personne de connaitre son fonctionnement cognitif et de faire le point sur ses capacités cérébrales.

Le déroulement du bilan et de son compte rendu

Le bilan neuropsychologique se déroule en plusieurs phases :

Analyse du/des motif(s) de consultation : lors de la première consultation, le neuropsychologue écoute et analyse les difficultés rapportées par la personne ou son entourage et pose des questions pour mieux définir les raisons de la de consultation. En fonction de ce qui a été dit durant ce premier RDV et en accord avec le patient/les parents de l’enfant, le psychologue propose une deuxième consultation pour mener l’évaluation cognitive et neuropsychologique. Si la demande est hors de son champ de compétences, il réoriente la personne vers un professionnel plus qualifié (psychomotricien, orthophoniste, etc.).

Phase de test : la durée peut varier de 45 minutes à 1h15. Les tests neuropsychologiques sont choisis par le neuropsychologue selon les difficultés rencontrées par la personne. Chez l’enfant jeune ou souffrant de troubles attentionnels ou hyperactifs, la phase de test peut être menée en deux fois.

Phase d’analyse des résultats : une fois les tests effectués, le neuropsychologue analyse l’évaluation. Il étudie les résultats obtenus aux tests et explore ainsi le fonctionnement de chaque capacité cognitive et de leur activité cérébrale. Il compare ces résultats avec ceux d’un échantillon de personne comparable et écrit un compte rendu de son travail.

Compte rendu oral et écrit :

  • Il revoit alors la personne pour lui rendre compte de ce qui a été dégagé du bilan neuropsychologique. Il faut compter entre 20mn et 1h. C’est à partir du compte rendu et avec la personne que des pistes de soin sont déterminées.
  • Un compte rendu écrit est également fourni au patient, et une copie est envoyée au médecin traitant, pédiatre, neurologue, etc.
  • Si besoin, le neuropsychologue oriente la personne vers d’autres professionnels compétents.
  • Si les troubles sont avérés et nécessitent une prise en charge particulière, le neuropsychologue propose des ateliers de stimulation ou de remédiation cognitive. Consultez la rubrique : Prise en charge des troubles neuropsychologiques.

Prise en charge des troubles neuropsychologiques

Stimulation cognitive : séances de travail régulières qui ont pour but d’entrainer les processus cognitifs fragiles et d’apprendre des techinques cognitives. La stimulation cognitive se fait en séances individuelles ou en groupe.

Remédiation cognitive : la remédiation cognitive s’adresse à des personnes souffrant de troubles cognitifs avérés (troubles de la mémoire, troubles de l’attention, etc.). Le patient travaille avec le psychologue afin d’optimiser son fonctionnement cérébral et de stimuler les capacités intactes de la personne. La remédiation cognitive se fait en séances individuelles ou en groupe.

Guidance destinée aux proches des personnes atteintes de démence : la guidance a pour but d’aider les proches à accompagner leur parent le mieux possible et à soutenir les aidants. Il s’agit d’informations précises sur la maladie, de conseils et de techniques pour réagir de façon adaptée aux difficultés que la maladie entraine. Ainsi, les troubles du comportement de la personne démente sont souvent une réponse à un environnement inadéquat ou à des réactions mal adaptées dues à une mauvaise connaissance des attitudes à adopter. La guidance peut se faire en séance individuelles ou en groupe. Pour plus d’information sur les syndromes démentiels, consultez la rubrique Vieillissement et pathologies neuro-dégénératives.